° Tariq Ramadan °

Tariq Saïd Ramadan est un intellectuel et universitaire suisse d'origine égyptienne né le 26 août 1962 à Genève. Son ½uvre s'articule sur une réflexion philosophique et politique influencée par la religion musulmane.

En 1949 Hassan el-Banna, le grand-père de Tariq, pourchassé sur ordre du président Nasser est assassiné pour ses activités politiques.

En 1954 Wafa el-Banna, la mère de Tariq, part se réfugier en Suisse avec son mari Saïd Ramadan. Ils trouvent refuge à Genève, où ils élèvent leurs enfants Tariq et Hani.

Tariq Ramadan est né à Genève en 1962. Il a étudié la philosophie à l'université de Genève. après sa thèse de doctorat sur Nietzsche il obtient une license ès lettres en Philosophie et Littérature Française.


En 1988 il obtient le poste de Doyen du Collège de Genève.

Puis, Tariq Ramadan étudie les sciences islamiques à l'université islamique d'al-Azhar au Caire entre 1992 et 1993.

À partir de 1994, il vient en France et y donne des conférences. Proche de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), il participe chaque année à ses congrès. Il signe l'Appel des indigènes de la république, qui dénonce la France comme un État n'assumant pas son passé colonial.

En Suisse, il enseigne au collège de Saussure à Genève. Il est également chargé de cours d'islamologie à l'université de Fribourg de 1996 à 2003.

L'université catholique de Notre-Dame à South Bend dans l'Indiana lui offre au début de l'année 2004 une chaire d'un an financée par le Joan B. Kroc Institute pour enseigner sur « les relations entre les religions, les conflits et la promotion de la paix »[1]. En août de la même année, le gouvernement américain lui refuse un visa de travail sans fournir d'explication, arguant que le Patriot Act autorise l'Etat à prendre des mesure sur simple soupçon d'activité terroriste. À la suite de ce refus, de nombreux intellectuels américains, tels Noam Chomsky ou Edward Saïd, signent une pétition pour dénoncer cette entrave à la liberté académique.

Pendant l'été 2005, Tariq Ramadan obtient une invitation de visiting scholar à l'université d'Oxford et est invité à participer à un groupe de réflexion fondé par Tony Blair sur le problème de l'islamisme au Royaume-Uni, suite aux attentats survenus à Londres le 7 juillet de la même année.

En 2007, l'université de Leyde, aux Pays-Bas lui propose d'occuper la chaire d'islamologie. Tariq Ramadan finit par refuser ce poste tout en affirmant que sa décision n'a aucun lien avec les protestations relayées par les médias.

Tariq Ramadan est marié et père de quatre enfants. Son épouse est française et convertie à l'Islam depuis leur mariage. Hani Ramadan, le frère de Tariq Ramadan réside à Genève où il enseigne le français et dirige le Centre islamique de Genève où il dispense un enseignement religieux fondamentaliste. En novembre 2006, le magazine EuropeanVoice lui a remis le prix d'Européen de l'année dans la catégorie des personnalités n'étant pas citoyens d'un pays membre de l'Union Européenne.

Il est employé par le ministère de l'Intérieur britannique pour encadrer les musulmans au Royaume-Uni. En mai 2008, il a été l'invité vedette du rassemblement annuel de l'UOIF à l'aéroport du Bourget
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# Posté le samedi 07 février 2009 14:31

Modifié le dimanche 08 février 2009 14:14

Et puis..?

Et puis..?




Et puis ?



Et puis il faudra voir passer les douleurs et le temps

Les injustices et les silences



Dans la prison de Gaza ; les humiliations...

La souffrance, et tant de démissions



Et puis ?



Nos réactions médiatiques et ce silence encore

De nos gouvernements, d'Orient et d'Occident



Y a-t-il une raison du côté d'Israël ?

Quel pouvoir, quelle force vous enchainent et vous broient ?



Et puis ?



Mon esprit embué par des images trop laides

D'un peuple asphyxié, debout et humilié



Où sont donc ces amis d'une sélective justice

Qui utilisent la souffrance pour cacher la souffrance



Et puis ?



Tout dire du Darfour pour voiler de mensonges la Palestine

Battre la campagne en distractions stratégiques et indignes



Dans mon c½ur la colère, la révolte et l'effroi

Vrai, c'est bien vrai, c'est bien là « le minimum de la foi » !



Et puis ?



Nous ne nous tairons pas !...


# Posté le samedi 07 février 2009 14:44

Fin de l'année, une pensée..

Fin de l’année, une pensée..
A toi ma s½ur, mon frère en humanité,


Où que tu sois sur la terre, tu as dû, comme ce fut mon cas, faire face à la peur, aux peurs des gens qui t'entourent, à ta propre peur. Peur de la mort, peur de la guerre, peur du lendemain...


Mais c'est peut-être la peur de l'autre qui colonise le plus nos c½urs et nos esprits aujourd'hui. Nous sommes dans un monde de la communication globale mais nous dialoguons de moins en moins, nous écoutons peu et nous nous enfermons dans nos ghettos intellectuels. Nos peurs me font peur pour notre avenir commun.


Que fais-tu, toi, pour dépasser tes peurs ? Ecouter, connaître, sortir de ton ghetto mental. Avec combien de femmes et d'hommes d'une autre culture ou d'une autre religion as-tu partagé du temps et travaillé pendant les dernières semaines ou même durant cette année ?


Parler d'ouverture et de respect et rester dans nos prisons virtuelles ne changera pas nos quotidiens, ni nos sociétés, ni notre monde. Cela commence par soi, au fond... se libérer de la prison de ses peurs et s'ouvrir à la connaissance de l'autre et à la confiance mutuelle.


Il n'est pas besoin d'argent ou de diplôme, simplement un peu de bonne volonté, de la détermination et un peu de courage pour prendre le risque d'aller à la rencontre de l'inhabituel.


C'est un beau miroir, sais-tu, où tu apprends que tu as de multiples identités et que l'humilité est ta dignité.

Tariq Ramadan
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# Posté le samedi 07 février 2009 15:21

Modifié le dimanche 08 février 2009 14:18

"Intégration" un concept piégé ?

"Intégration" un concept piégé ?

Voici venir le temps de nouveaux défis. Pendant près de vingt ans, les milieux progressistes ont usé du concept d'intégration en voulant lui octroyer une connotation des plus positives. « Intégrer », c'est accepter l'autre, c'est promouvoir la tolérance à l'endroit du résident ou du Français d'origine immigrée, c'est lutter pour sa reconnaissance et pour ses droits. S'il apparaît clairement que le chantier demeure immense quant à une application réelle et équitable du droit, force est de constater que le paysage a été grandement bouleversé ces dernières années. Le nombre de citoyens européens de confession musulmane s'est multiplié et c'est par millions que ceux-ci se dénombrent aujourd'hui. Quand on vient d'ailleurs, quand on n'est pas chez soi, quand notre imaginaire épouse les couleurs d'un « là-bas », vouloir intégrer a un sens, et révèle un acte politique digne et courageux. Mais l'histoire va son cours... Quand désormais je suis chez moi, sur ma terre, à la maison, quand ma langue est la langue de ce pays, quand mes rêves sont d'ici... que veut dire « intégrer » ? Intégrer à quoi ? Par rapport à qui ?

À chaque époque, son vocabulaire. Les concepts qui hier exprimaient le sens d'un engagement humain et respectueux pourraient bien révéler aujourd'hui, si l'on s'y réfère sans nuance, de nouvelles dispositions d'esprit. On peut certes penser que celles et ceux qui usent invariablement du concept d'intégration n'ont pas évolué dans leur analyse parce qu'ils sont loin du terrain et parce qu'ils pensent encore avoir affaire à des « étrangers ». Cela peut arriver, effectivement. On peut cependant supposer que l'emploi du terme n'est pas tout à fait insignifiant ni innocent quand on en use dans certains milieux sociaux ou politiques. Que peut bien signifier dans l'esprit des acteurs politiques l'idée d'intégrer des femmes et des hommes qui sont pourtant d'ores et déjà des citoyens français, belges, suisses ou autres ? Il semble bien que, à leurs yeux, quelque chose n'est pas encore acquis, que l'intégration de ces citoyens n'est pas vraiment « authentique », que leur citoyenneté est peut-être un fait en droit, mais qu'elle demeure intellectuellement, voire sentimentalement, partielle.
Plus profondément, on pourrait penser, et de nombreux indices le prouvent, que la suspicion demeure... voire, et cela est plus grave encore, que de vieux réflexes coloniaux s'expriment encore au travers de certaines tournures de phrases, miroirs révélateurs d'inquiétantes tournures d'esprit
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Le discours musulman

Les musulmans, quant à eux, devraient faire montre de grande prudence dans leur emploi du concept d'intégration. Dans la dynamique de leur présence en Europe, l'intégration n'est qu'une étape qui opère à plusieurs niveaux. Si le processus est en marche quant aux dimensions de l'intégration légale et culturelle (qui exigent par nature une dynamique intra-communautaire), il faut dire et affirmer que la réalité de l'intégration citoyenne (qui relève du droit et de l'interaction avec la société) est bien avancée et qu'il ne s'agit plus aujourd'hui pour les musulmans de parler de simple intégration mais bien de participation et de contribution. Les millions d'Européens musulmans doivent prendre la mesure de leurs nouveaux défis. La question n'est plus de savoir, à l'exemple de la France avec ses 2,5 millions de citoyens musulmans, comment ceux-ci vont trouver une place ou comment il vont s'intégrer au paysage de leurs pays ; désormais ce qui doit leur importer, c'est la nature de leur engagement dans leur société respective pour promouvoir l'Etat de droit, le pluralisme, la justice sociale, l'éducation, la dignité des êtres humains, etc. C'est le souci de la contribution qui est prioritaire désormais : être des citoyennes et des citoyens engagés, lutter pour le bien être social, promouvoir la diversité, réhabiliter l'acte politique et faire de son identité musulmane et de sa spiritualité une richesse pour les sociétés européennes. Sur ce plan, le concept d'intégration est dépassé : dans la relation avec leur environnement social et politique, les musulmanes et les musulmans doivent tenir le discours, et agir, au nom du témoignage et de la contribution active et participative.

Ceux qui, aujourd'hui, parmi les musulmans, tiennent un propos protectionniste frileux sont chaque jour davantage plus minoritaires. Dans leur réaction, souvent, de nombreuses considérations se mêlent : ils revendiquent une différence soit au nom d'une compréhension particulière des principes religieux soit parce qu'ils vivent la réalité de la marginalisation sociale qui, jour après jour, leur fait sentir qu'ils ne sont pas bien acceptés dans "leur" pays. Les choses évoluent, mais il est néanmoins certain que l'on ne pourra pas lutter contre ces poches réactives et rebelles sans un engagement acharné contre les discriminations sociales qui ont cours dans les banlieues, les cités ou encore les ghettos ethniques (comme en Angleterre). Cette profonde réforme nécessite une claire volonté politique, un choix, qui est d'abord le fait des autorités locales et des gouvernements.



Et les Etats ?[/g]

Question pertinente, en effet. Les Etats ont-ils pris acte des changements considérables de ces dernières années : sont-ils au clair, au-delà des simples discours de circonstance, sur la profonde réalité islamique de l'Europe avec ces millions de citoyens ? On peut en douter, compte tenu des traitements différenciés auxquels nous assistons. Tout se passe comme si les musulmans en Europe, pour être considérés comme "intégrés", devaient faire l'impasse sur la moindre pratique visible de leur religion... La pratique, la visibilité, et a fortiori l'engagement associatif, ne sont pas politiquement corrects. Ici, c'est le règne du soupçon caractérisé entretenu jour après jour par la phobie sécuritaire. Tout se passe comme si l'on ne traitait pas avec des concitoyens mais avec de potentiels suspects menaçant l'équilibre de la nation. Les citoyens musulmans pratiquants qui s'engagent dans les associations, qui revendiquent des lieux de culte, qui appellent à plus de justice sociale se voient associés aux dossiers politiques les plus nébuleux : la confiance, ici, est considérée comme de la naïveté... ce ne sont pas des citoyens dans l'Etat mais bien plutôt des loups dans la bergerie. La crainte sécuritaire fait renaître de vieux réflexes coloniaux. Au fond, il y a deux types de citoyens : les vrais, que l'on respecte ; les "douteux", à qui il faut imposer une sorte de nouveau serment d'allégeance. Avec ces derniers, le dialogue est une sommation... l'habileté consiste à soigner les formes.

Les plus beaux discours sur l'intégration, le respect de la diversité religieuse et culturelle, la promotion de la nouvelle citoyenneté ne changent rien à la réalité du quotidien des musulmanes et des musulmans. Les interventions répétées des Etats dans leurs affaires - en contradiction flagrante les principes mêmes de la laïcité que l'on dit vouloir protéger - laissent perplexes. Des fonctionnaires d'Etat, voire des ministres, savent ne pas être des prêtres, des pasteurs ou des rabbins mais ne sont pas gênés de se faire muftis. On décide, dans les cabinets des Etats très séculiers, de ce qu'est le bon islam, des critères qui font les bons musulmans, voire même des modalités de leur structuration collective... on ne se gêne point, au demeurant, de penser une "théologie musulmane"... pour les musulmans ; à leur place.

De quel droit, au fond ? Comment peut-on traiter ainsi les citoyens d'un Etat, et au nom de quelles prérogatives d'exception ? Quelle loi autorise-t-elle cette nouvelle gestion coloniale intérieure ? La menace sécuritaire ne peut suffire à justifier ces répétés dénis de droit et l'entretien de cette image de musulmans suspects et mal intentionnés ne tiendra pas à l'épreuve du temps. A vouloir tout à la fois surveiller et infantiliser les citoyens musulmans, on finit clairement par à aller à l'encontre des intérêts des pays du continent. Seules les périodes électorales réveillent aujourd'hui les politiques quant aux "populations issues de l'immigration"... demain, ce seront des sociétés transformées qui les bousculeront dans leurs anciennes certitudes. Il faudra compter, à n'en point douter, avec un engagement social et politique redoublé de ces populations : leur présence mettra à mal le double discours entretenu de certains gouvernements et leur exigence d'autonomie devront être entendue. Déjà, au c½ur de l'Europe, la réalité de ces lendemains est en marche : au-delà de l'instrumentalisation du concept d' "intégration", des citoyennes et des citoyens de confession musulmane prennent en main leur avenir et refusent la mise sous tutelle, quelle qu'elle soit. Déjà ils rappellent que la dignité d'un Etat comme la bonne santé d'une société se mesurent à l'aune de l'égal respect de tous les citoyens... que l'Etat de droit a des règles qu'il faut respecter et appliquer... qu'un ministre n'est point un théologien ! Ils continueront à le rappeler si l'on persiste à l'oublier
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# Posté le samedi 07 février 2009 16:27

Les musulmans dans la laïcité

Les musulmans dans la laïcité

Jamais la présence des musulmans dans les sociétés occidentales n'a été aussi importante. Jamais les musulmans n'ont été aussi visibles. L'époque est à la crispation et le risque est grand de voir naître des mouvements de rejet et d'exclusion. Les préjugés sont nombreux, la connaissance de l'autre limitée. Partout l'on entend les qualificatifs "intégristes", "fanatiques", "fondamentalistes" dont ont finit par se persuader qu'ils révèlent des évidences au point de verser dans la caricature. La musulmane et le musulman pratiquants sont devenus suspects ; au mieux, ils apparaissent comme des énigmes. En considérant le point de vue historique, sans lequel le débat est tronqué, le présent ouvrage cherche à définir les termes d'une coexistence positive, d'une authentique intégration des intimités. L'auteur appelle les musulmans à faire face à leurs responsabilités, à mieux connaître leurs interlocuteurs, à dire qui ils sont, à unir leur force et à avoir une participation plus active dans les sociétés où ils vivent. Seul cet engagement leur permettra d'être entendus quand ils demandent à ce que l'on respecte leur identité, leur foi, leur pratique. L'islam appelle les pratiquants à être musulmans et non pas, seulement, à débattre. Alors la foi, nourrissant les coeurs, pourra enfanter cette sagesse dont nous avons tant besoin pour vivre ensemble.

# Posté le dimanche 08 février 2009 13:29

L'Islam et les musulmans, grandeur et décadence

L’Islam et les musulmans, grandeur et décadence

Cet ouvrage a été réalisé sur la base d'une conférence donnée à Paris.

Il traite des chapitres suivants : la foi, la responsabilité, l'intention, la spiritualité, la fraternité, la croyance, l'épreuve et la patience.

Avec un style simple et éloquent, l'auteur analyse l'état actuel des musulmans en fonction des valeurs de l'Islam.

Il nous invite à concrétiser le lien qui existe entre l'homme et son Créateur en nous rappelant à quel point il est important de respecter notre pacte avec Dieu. Certes, la vie de chacun de nous est faite d'épreuves. Cependant, rien ne doit nous éloigner de notre engagement originel.

Enfin, ce livre est l'écho de notre vie quotidienne.
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# Posté le dimanche 08 février 2009 13:35

La spiritualité, un défi pour notre société

La spiritualité, un défi pour notre société

La foi ne peut être vécue de manière schizophrène. Elle implique ouverture et action. Ce livre est une action parmi d'autres, marquant un parcours inter-religieux qui se veut humble et sur un long terme. Il manifeste une volonté commune de ne pas en rester à du zapping religieux ! Travailler ensemble est une forme concrète du dialogue.
Tout le travail d'édition que demande un livre permet d'ouvrir des portes et d'avancer sur des chemins insoupçonnés.
Ce livre fait passer deux messages essentiels. Tout d'abord celui du droit à la conviction. Souvent mal à l'aise par rapport au dialogue nter-religieux, certains considèrent que seuls peuvent entrer en dialogue des "modérés" aux convictions relatives et au désir de syncrétisme. C'est au contraire au nom d'une conviction forte, équilibrée, bien comprise, qu'il est possible de s'ouvrir au dialogue avec les autres. Second message : quelles que soient nos convictions, nous ne pouvons nous désintéresser de ce monde.
Dans ce monde de fatalisme, d'individualisme et d'égoïsme, nous avons à être solidaires, à agir ensemble pour la paix et la justice.
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# Posté le dimanche 08 février 2009 13:37

Etre musulman européen

Etre musulman européen

Quelle place pour l'Islam et les musulmans dans les sociétés modernes ? Quelle participation citoyenne originale de ces musulmans ? Comment définir l'identité musulmane aujourd'hui ? À partir d'une présentation synthétique des références islamiques et des instruments juridiques auxquels les musulmans se référent, l'auteur tente dessiner le chemin du " vivre ensemble ". Table des matières Sur la route Préface Introduction générale PREMIÈRE PARTIE : AU COEUR DES SOURCES ISLAMIQUES FOI, SCIENCES ET INSTRUMENTS JURIDIQUES Introduction I. Enseignements de l'Islam et sciences islamiques II. Quelques prescriptions générales d'usûl al-fiqh . III. Perspectives pour un ijtihâd contemporain DEUXIEME PARTIE ESPACES ET APPARTENANCES UMMA ET NATIONALITÉ I. Inroduction II. Qui sommes-nous ? TROISIÈME PARTIE IDENTITÉ ET CITOYENNETÉ VERS L'ENRACINEMENT Introduction I. L'identité musulmane II. Vers une culture islamiqur européenne Ill. Vivre ensemble CONCLUSION Être musulman européen ANNEXES Quelques tendances L'Islam d'Europe sort de l'isolement Le lexique refusé Quelques concepts référant aux sciences islamiques Glossaire des termes techniques Status des savants : apellations usuelles Versets coraniques Introduction générale Forte est la pression exercée de nos jours sur les musulmans vivant dans les pays européens. La vague d'immigration qui a commencé après la Seconde Guerre mondiale a d'abord amené en Europe des hommes musulmans, puis des femmes et des familles entières. Cinquante ans plus tard, le nombre de musulmans vivant dans les pays d'Europe occidentale avoisine les 15 millions, si ce n'est davantage. La seule mention de ce chiffre devrait nous satisfaire : la présence musulmane en Europe est importante et l'on peut trouver dans chaque pays une "communauté" plus ou moins structurée. C'est là un fait particulièrement nouveau et dont les musulmans n'ont pas toujours conscience. Ils tournent naturellement les yeux vers une autre réalité, plus proche de leur vie quotidienne, dans laquelle ils rencontrent des difficultés relatives à la pratique régulière de leur religion, au respect véritable des règles islamiques et d'autres difficultés encore liées à leur appartenance à une communauté souvent ressentie comme « étrangère », « différente » ..., quand celle-ci n'est pas évoquée comme étant tout simplement « barbare » , « intégriste » ou « fanatique » . Même si, en dépit de cette pression constante, ils s'efforcent de continuer à aller de l'avant, cette situation n'en influence pas moins leurs pensées et leurs actions : une posture réactive a raison de leurs sentiments et, pour se protéger contre un environnement « non islamique », ils finissent par définir leur propre identité par opposition à ce qu'elle n'est pas. Parfois, au contraire, ils oublient leur origine et leur religion, ou bien encore ils s'efforcent de gommer leur spécificité pour se « fondre » dans la société et devenir ainsi le moins visible possible, pour être des leurs, pour devenir d'authentiques Européens. Dans un cas comme dans l'autre, on remarque que les musulmans ne définissent pas leur identité islamique par elle-même, de l'intérieur, selon son caractère intrinsèque. Cela est vrai non seulement des attitudes extrémistes, mais aussi de l'attitude d'une grande majorité de musulmans ordinaires, lesquels ont du mal à simplement dire ce qu'ils sont. Pourquoi en est-il ainsi ? Existe-t-il une difficulté inhérente à définir ce qu'est un musulman par rapport à la civilisation occidentale ? Est ce en raison du contexte européen ? L'expérience d'être, et de vivre, en minorité a-t-elle suscité, dans l' « esprit musulman européen » , une sorte de syndrome empêchant les musulmans de se considérer autrement qu'à travers le miroir d'un monde rejeté parce qu'il les rejette ? Même si chacune de ces hypothèses contient une part de vérité, il semble que l'on puisse, en amont de ces considérations, trouver une cause plus générale à ce type d'attitude. Ne négligeons pas la nouveauté, dans l'histoire islamique, de la nature de notre présence en Occident. Nous avons certes connu l'expérience du fait d'être une minorité tout au long de notre histoire, en Afrique ou en Asie, mais cela n'avait rien de commun avec la présence à laquelle nous assistons aujourd'hui. Cela est dû, bien sûr, à la nature de cette présence, mais aussi, plus particulièrement, à ce que le contexte européen contemporain brouille les données. De nos jours, le mode de vie occidental n'est pas seulement une « façon d'être » spécifique que l'on pourrait observer ou identifier chez un homme ou une femme comme un trait caractéristique de son comportement. Les choses sont manifestement plus compliquées et plus subtiles que cela : la civilisation occidentale - avec son appareil de valeurs - est armée de puissants moyens de diffusion qui rendent difficile, pour quiconque vit en Europe, de définir ce qu'il ou elle est ou n'est pas. Les médias, la culture populaire, la musique, le cinéma et la publicité véhiculent une conception diffuse, quoique très caractéristique, de l'individu et de la société, de la liberté et de la morale, du divertissement et du devoir. Cette conception s'implante sans crier gare dans le coeur et l'esprit de l'individu - quand elle ne le subjugue pas complètement - au point qu'il lui devient difficile de faire la part entre ce qui vient réellement de lui-même, de par sa propre volonté, et ce qui est dû à une influence ou à un apport extérieur. Les musulmans ne sont pas à l'abri de pareilles tensions. En outre, leur situation est rendue plus difficile par la présence de deux tendances contradictoires, où une culture initiale et intime du devoir et de la communauté. À l'exception de quelques tribus ou groupes ethniques très traditionnels, c'est aussi le cas des habitants du tiers-monde en raison de l'importante diffusion de la culture occidentale dans le monde entier. Voir l'analyse de ce processus dans L'Occidentalisation du monde, de Serge Latouche, Paris, La Découverte, 1990. contraste avec un environnement donnant la priorité à la liberté et à l'autonomie, valeurs qui exercent, de fait, une attraction naturelle sur les êtres humains. Qui sommes-nous donc ? Pour ceux qui ont été élevés en Europe, la question devient plus complexe encore... C'est le cas des jeunes de la deuxième, troisième et quatrième générations. Qui répondra ? Qui leur rendra les éléments constitutifs et le sens de leur identité ? Qui pourrait reconstruire cette identité ou, au moins, leur donner des repères qui leur permettraient de trouver leur voie, consciemment et librement ? On pourrait présenter l'islam - et c'est souvent ce qui se produit dans une majorité de familles musulmanes en Europe - au travers de toute une série de règles, d'interdictions et de prohibitions qui toutes devraient expliquer cette religion dans le cadre d'une relation spécifique de protection face à un environnement perçu comme trop permissif et donc hostile. Telle était principalement l'attitude de la première génération dont les membres, porteurs d'une connaissance islamique relativement modeste, s'efforcèrent tout d'abord d'éviter de perdre leurs « traditions ». Ce dernier concept représentait, en fait, une idée vague, un mélange indistinct de diverses sortes d'éléments, tels que les traditions locales et familiales, importés du pays d'origine avec leurs règles et leurs principes (et parfois des types de superstitions spécifiques) sans être forcément liés à l'islam (quoique souvent confondus avec lui) ni à une idée claire du contenu de leur identité. Mais l'islam, avant d'être un moyen de protection, est une foi affirmative, porteuse d'une compréhension globale de la création, de la vie, de la mort et de l'humanité. Cette compréhension est - ou devrait être la source des règles islamiques de pensée et de comportement. Elle est, dans le même temps, modelée par un type de culte particulier qui englobe tout à la fois, à partir des mêmes sources, la sphère du culte (`ibâdât) et, plus largement, le domaine général des affaires sociales (mu `âmalât). On trouvera, exprimé tout au long du Coran, un perpétuel mouvement de va-et-vient entre la vision globale de l'univers et de l'humanité - qui émane de l'essence même de la foi - et ses implications en pratique avec les cinq prières quotidiennes, le paiement annuel de la zakât, le jeûne du Ramadan et le devoir d'engagement social permanent. Ces derniers éléments sont tous des actes d'adoration et, en retour, ils renforcent, fortifient et modèlent la foi elle-même. La compréhension de l'identité islamique impose d'appréhender et d'expliquer cette vision globale de ce qu'est véritablement la foi islamique, avec son horizon spécifique, et de ce que sont ses conséquences immédiates dans les divers domaines de la vie humaine. En outre, il nous est demandé de rappeler et d'expliquer les principes fondamentaux tels qu'ils sont, en leur essence, mais avant tout de les rendre compréhensibles à la lumière de notre nouvel environnement au sein de la société européenne. Selon nous, cette approche nous permettrait de demeurer fidèles à l'enseignement coranique du lien existant entre la foi et les règles de comportement et, dans le même temps, de mieux identifier les instruments propres à résoudre les problèmes spécifiques des musulmans en Europe. Appréhender ces derniers implique donc qu'il nous faille présenter notre religion à travers notre conviction de son universalité, mais d'une façon qui soit adaptée à notre contexte relatif : telle serait, pensons-nous, l'approche qui permettrait aux musulmans de comprendre positivement leur présence en Europe. Un manque de connaissance islamique, s'ajoutant à des circonstances particulières comme un exil souvent déchirant, le sentiment d'être des étrangers, des difficultés économiques, etc., tout cela conduit à l'apparition de l'attitude réactive constatée aujourd'hui. Cette attitude était naturellement répandue parmi la première génération, mais on en remarque les séquelles évidentes parmi les générations plus jeunes : l'affirmation de soi passe très souvent par un oubli total de son origine, tandis que la tentative de demeurer fidèle aux références islamiques se traduit, dans la manière de penser et d'agir, par la réaction, le rejet, le refus et parfois l'agressivité'. Nous tenterons dans la première partie de cet ouvrage de tracer le cadre global de la conception islamique de Dieu, de la création, du culte, de la moralité et des affaires sociales. Cette réflexion devrait nous aider à comprendre les sources islamiques d'où proviennent, en aval, les principes généraux des fondements du droit islamique (usûl al-fiqh). La deuxième section de la première partie traitera de certains aspects essentiels des règles du droit islamique ; il s'agira de clarifier un 1. L'agressivité ressentie à l'encontre de l'Occident constitue parfois l'échelle à laquelle certains musulmans mesurent leur propre « appartenance authentique au véritable islam », et celle des autres musulmans. Comme s'il était suffisant de définir l'islam par ce qu'il n'est pas et, avant tout, par une attitude conflictuelle. Voir plus loin notre discussion. certain nombre de concepts - souvent mal compris - et d'offrir un cadre qui pourrait aider les musulmans dans leurs tentatives de traiter et de résoudre les questions sensibles auxquelles ils sont confrontés aujourd'hui, en particulier dans les pays occidentaux. Dans notre deuxième partie, nous étudierons plusieurs questions importantes concernant notre situation en Europe (où sommes-nous, qui sommes-nous ?). Il s'agira ici d'apporter des éléments de réponse à certaines questions épineuses - telles que la définition de notions comme dâr al-islâm, dâr al-harb ou dâr al- `ahd. Dans notre troisième partie, nous donnerons une définition claire de ce qu'est l' " identité musulmane" en présentant ses fondements, pour aborder ensuite la question de la culture islamique européenne. Une telle étude est nécessaire pour poser les premiers jalons d'une véritable coexistence. Garder à l'esprit la nature même des sources islamiques - et par conséquent comprendre leurs implications pratiques - est l'approche requise pour faire face à nos problèmes en Europe. Cet état d'esprit est possible dès lors que nous sommes convaincus que notre religion contient bien les principes généraux à partir desquels avec le soutien permanent de notre intelligence - nous pouvons faire face aux problèmes contemporains et trouver une solution appropriée. Nous devons poursuivre notre recherche armés d'au moins trois exigences : développer, une compréhension claire des références islamiques ; ensuite, être profondément conscients qu'elles doivent être considérées comme universelles par le croyant ; enfin, savoir que l'incapacité à fournir des réponses appropriées est due à la négligence des musulmans et n'a absolument rien à voir avec l'islam, dont les enseignements, au contraire, encouragent constamment les recherches et les découvertes aussi bien scientifiques que juridiques.

# Posté le dimanche 08 février 2009 13:39

Islam, le face à face des civilisations. Quel projet pour quelle modernité ?

Islam, le face à face des civilisations. Quel projet pour quelle modernité ?

Le présent ouvrage s'attache à montrer, en puisant aux sources de la pensée et de la civilisation islamique, que les musulmans ont les moyens de répondre aux défis contemporains sans trahir leur identité. Nourris par leurs références, ils peuvent penser l'époque moderne en proposant une gestion sociale, politique et économique spécifique, attachée à l'éthique, au sens des finalités et à la spiritualité. Encore faudra-t-il, pour être entendu, que l'interlocuteur occidental fasse la distinction entre la modernité et l'idéologie du modernisme dont la tendance est d'imposer une occidentalisation qui, au fond, n'admet pas, autrement qu'en discours bien intentionnés, la réalité du pluralisme des civilisations, des religions et des cultures.

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# Posté le dimanche 08 février 2009 13:42

Jihâd, violence guerre et paix en islam

Jihâd, violence guerre et paix en islam

Il faut mieux comprendre la portée spirituelle et dynamique de la notion de jihâd. Si l'islam ne nie pas la réalité des conflits potentiels -spirituels comme guerriers-, il demeure que le jihâd est d'abord un acte de résistance, à ses propres excès comme à l'oppression et que, en cas de guerre, un certain nombre de considérations doivent être impérativement respectées pour légitimer ladite résistance. Mais c'est avant tout contre les causes de la violence et de la guerre qu'il faut lutter, mener le jihâd : se mobiliser pour plus de justice -tant sociale que politique et économique- s'avère la seule façon de rendre aux hommes les droits qui feront taire les armes.
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# Posté le dimanche 08 février 2009 13:44